Un conte de la Chine ancienne

Peut-être connaissez-vous déjà ce conte chinois plein de sagesse, issu de de la culture orale et immortalisé par les écrits de Lao Tseu.

Un pauvre paysan avait placé ses maigres économies dans l’achat d’un beau cheval. Grâce à lui le travail de la terre, qu’il cultivait avec son unique fils, se trouvait bien facilité.

Un beau jour toutefois, le cheval disparut ! Le voisin du paysan s’apitoya sur son sort : « Mon pauvre, te voilà bien malchanceux de perdre ainsi ce cheval qui qui t’a tant coûté et qui vous aidait bien, ton fils et toi ! » « Peut-être », répondit laconiquement le paysan.

A quelques temps de là, le cheval réapparut, mais accompagné d’un superbe cheval sauvage. La paysan et son fils apprécièrent ce retour providentiel, qui laissait entrevoir un labeur moins pénible. Le voisin à nouveau s’exclama, un peu jaloux : « Quelle chance tu as : non seulement ton cheval est revenu, mais il t’en a emmené un autre ! Ton travail sera doublement adouci ! Tu as une chance insolente ! » « Peut-être », répondit encore le paysan.

Mais il fallait dresser ce cheval sauvage, ce qu’entreprit le fils du paysan. Hélas, l’étalon ne se laissait pas ainsi apprivoiser, et d’une ruade, il fit tomber le garçon, puis le piétina. Celui-ci se retrouva en bien piteux état, ce qui, à nouveau suscita des réactions de la part du voisin : « Quelle calamité » s’écria-t-il, « ton fils est bien mal en point et avec sa jambe cassée, il ne pourra plus t’aider aux travaux des champs. Tu n’as pas de chance ! » « Peut-être », fut une nouvelle fois la réponse du paysan.

Une guerre éclata et l’armée enrôla bientôt tous les jeunes-hommes valides du village. Le fils du paysan fut évidemment exempté. Le voisin, qui ne pouvait s’empêcher de tout commenter et interpréter s’exprima en ces termes : « La chance t’a souri une fois encore et tu auras le bonheur d’avoir ton fils à tes côtés, alors que les nôtres partent assurément au casse-pipe. Tu es un homme chanceux. » « Peut-être » dit encore le paysan…

Un bon coup de pied à la dualité !

On pourrait continuer cette histoire à l’infini, en alternant « les coups de chance » et « les coups de malchance », puisqu’en réalité, ce conte montre que la vie est un cycle sans fin, faisant se succéder les peines et les joies, les moments providentiels et les difficultés.

Ce qui est intéressant, bien sûr, c’est l’attitude du paysan qui, en véritable sage qu’il est, a bien compris que les apparences ne laissent jamais présager de bonheur ou malheur pérennes ! Ce qui apparait comme une chance recèle parfois des épines. A contrario, ce qui semble être une calamité est souvent porteur d’évolution et les situations difficiles se révèlent parfois très bénéfiques.

Et puisque cette histoire se situe en Chine, faisons appel aux symboles taoïstes pour rappeler la présence du Yin dans le Yang et celle du Yang dans le Yin (souvenez-vous du petit point noir sur la moitié blanche et du petit point blanc sur la moitié noire du cercle symbolique bien connu du Yin et du Yang !)

Profitons de ces temps difficiles pour exhumer et (re)découvrir nos ressources, ouvrir nos œillères sur notre monde intérieur, ses richesses, ses immenses capacités.

Trouvons aussi cette « Note Epicée », cette saveur qui est présente en tout, même dans la difficulté. C’est l’esprit même du tantrisme et du Natha Yoga, qui va nous faire goûter au plaisir même dans une technique difficile ! Un bon coup de pied à la dualité !

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