Un petit tour d’horizon
à travers le double filtre de la spiritualité et de l’amour, tant filial que maternel !
La fête des mères est-elle vieux jeu ?
A une certaine époque et encore jusqu’à aujourd’hui, il était de bon ton, dans certains milieux, de bouder, voire de railler la fête des mères.
On dit volontiers qu’on n’a pas besoin d’un jour particulier pour fêter notre mère. C’est tout à fait vrai. On peut, comme dans Alice au pays des Merveilles, fêter chaque jour les non-anniversaires des uns et des autres. Alors, pourquoi limiter cette fête à un jour précis ? Oui mais, pourquoi pas ?
En effet, pourquoi ne pas bénéficier de la puissance d’un rituel inscrit dans l’inconscient collectif pour célébrer la plus haute création qu’un être humain puisse connaître : la création de sa vie ou de celle de son enfant !
Cette célébration de la maternité est également jetée en enfer car souillée du nom Pétain, qui en serait le créateur. Pure affabulation si l’on en croit cet article du Monde… dans lequel il est précisé qu’il a simplement repris à son compte une valeur qui servait sa politique.
Mais si l’on est un esprit libre, qu’est-ce qui nous empêche de garder la magie de ce jour qu’enfant, on préparait du fond de son cœur et dans l’enceinte de notre école primaire ?
Pour ma part, même si la mienne, de mère, n’est plus de ce monde, je pense à elle tous les jours et cette journée, toute instituée qu’elle est, offre une occasion supplémentaire, nimbée de d’une aura de rituel, de revivre en rêve ses sourires, ses gestes tendres, sa faculté de divination quant à mes états d’âme et cet amour immense qu’elle m’a donné.
Ne jamais mésestimer l’amour que l’on nous donne !
De même qu’un enfant perçoit l’amour de ses parents comme la chose la plus naturelle du monde, l’enfant qui a grandi peut conserver cette croyance. Et tout comme l’enfant montre de l’ingratitude, l’adulte peut mésestimer l’amour réel qu’on lui porte, voire le regarder de haut ou même le jeter comme un mouchoir froissé. Pourtant, tout amour a de la valeur. Dans 98% des cas, celui d’une mère est inestimable.
Etre mère, être fille ou fils
Une fois encore, un article scientifique découvert par hasard vient confirmer des ressentis, les miens, mais aussi ceux de milliers d’êtres humains depuis la nuit des temps. Ainsi, le microchimérisme fœto-maternel montre que les échanges cellulaires entre une mère et son enfant à naître laissent des traces organiques tangibles qui subsistent des décennies après la naissance de l’enfant, chez la mère comme chez l’enfant. Ainsi, bien après la naissance, un enfant garde dans son corps des cellules maternelles, et vice versa…
Ainsi, les liens entre une mère et ses enfants ne sont pas qu’affectifs ou mentaux. La philosophie du Yoga répète à l’envi que touts nos corps sont reliés.
Ainsi, la Vie nous lie pour une vie à nos enfants et à nos parents. Nous sommes traversés par ce miracle, le lien sacré se crée, pour ne plus jamais nous quitter !
Remercions ces parents, que nous avons choisis
On dit aussi qu’au moment de se réincarner, on choisit nos parents. Certains d’entre vous ne peuvent se résoudre à croire pareille chose, tant l’expérience avec leurs parents a été désastreuse. L’idée sous-jacente est que ce choix est dicté par la connaissance des leçons à apprendre, mieux à comprendre de l’intérieur, par l’expérience… Et celle-ci est parfois difficile, pour ne pas dire atroce.
Dans tous les cas, notre mère nous a donné naissance, elle nous a élevés, nourris, protégés… Certains ne pardonnent pas leurs faiblesses à leurs parents et c’est un peu la tendance actuelle : exiger des parents parfaits ! Peut-être est-ce aussi l’exigence de l’univers sur une Terre où la vibration monte et où nous sommes en quelque sorte sommés de monter en vibration aussi.
Par ailleurs, on prend souvent conscience du sens de la parentalité en devenant parent soi-même. On devient alors plus compréhensif, moins exigeant avec ses parents. Mon fils m’en a fait part à l’arrivée de son propre fils, où il a pu expérimenter la dimension du don total et désintéressé dicté par l’amour d’un parent pour son enfant.
Remercions nos enfants, qui nous apprennent tant !
Les leçons sont à double sens et, d’une certaine manière, nos enfants aussi nous mettent au monde ! Grâce à eux, bon gré mal gré, nous évoluons. Et grâce à ce lien d’amour, ce lien karmique aussi, nous nous laissons façonner… L’essentiel est de vivre cette évolution dans le cœur et en conscience. Même celui qui résiste aux leçons ne peut échapper aux conséquences. Comme pour tout dans la vie, me direz-vous, mais il s’agit ici de la chair de sa chair et l’on ne peut l’ignorer… Ou cela nous rattrapera un jour ou l’autre…
Nos enfants nous obligent à nous dépasser ! Ils viennent à bout de bien des certitudes et aident le meilleur de nous-même à émerger, pour peu qu’on accepte les leçons. Ils n’en sont pas toujours conscients, d’ailleurs, mais qu’importe !
J’ai vu une proche plutôt cinglante et même cynique s’adoucir et s’humaniser à la naissance de sa première fille. Et j’en ai vu beaucoup commencer à s’intéresser un peu moins à leur petite personne en devenant parent, comme s’ils découvraient que l’autre existait…
Les « leçons » sont aussi bien souvent douces et enveloppantes, car on apprend autant par le plaisir que par la souffrance.
J’ai moi-même beaucoup appris par mes deux enfants, si différents qu’ils puissent être… Parfois leurs énergies convergent et semblent pointer du doigt une réalité qui jusque là m’échappait. Et si les enseignements ont quelquefois été grinçants, je les remercie tous les deux du fond du cœur.
Tenir compte des leçons, cela change la donne, enrichit le lien et impacte en retour les enfants, qui nous ont enseignés.
Anitya, c’est le cycle de la vie, où tout change en permanence. Ce mot sanskrit nous indique que la vie est marquée du sceau de l’impermanence. Alors, en toute conscience, ne résistons pas à ce flux vital, tant qu’il est là ! Utilisons cette impermanence pour y trouver notre équilibre, notre centre et ce qui au fond de nous, reste toujours vrai, l’essentiel, l’amour !