• spicynote.france@gmail.com

Category Archive: Hatha Yoga

Vertus du silence et de l’immobilité

Les philosophes l’ont compris !

« Le silence permet de trouver son destin. » (Lao Tseu)

« Tous les malheurs de l’homme viennent de ce qu’il est incapable de rester assis dans une pièce calmement et seul. » (Blaise Pascal)

Bruit et agitation

Que diraient nos philosophes de ce monde moderne où affiches, sonneries et autres gingles se disputent notre attention, où les publicités de plus en plus foisonnantes déplacent le sens du bonheur vers des objets extérieurs, où l’on valorise plus que tout l’action rapide et tous azimuts et où finalement on ne sait plus où diriger ses pas ni de quoi on a réellement envie à force d’avoir envie de tout ? Les publicités ne tiennent pas leurs promesses de bonheur (comment le pourraient-elles ?), la recherche effrénée du plaisir ne débouche que sur des déceptions et la vie elle-même en perd sa saveur.

Pourtant, si l’on prenait le temps de se poser, d’être simplement présent à soi-même au lieu de chercher dans l’action extérieure le remède miracle, peut-être trouverait-on enfin ce que l’on cherche.

L’observation de la difficulté à se concentrer

Dans des situations de la vie quotidienne

Avez-vous déjà essayé d’avoir une conversation fluide avec quelqu’un qui, à intervalles réguliers tourne son regard vers un téléviseur allumé ou pianote sur son téléphone ? Ou encore avec quelqu’un qui vous bombarde de questions et se met à parler dès que vous ouvrez la bouche pour y répondre ? J’imagine que oui et j’imagine aussi que l’échange vous a demandé des efforts de patience et d’adaptation, à moins que vous n’ayez préféré capituler…

Vous avez sans doute aussi été dans la situation d’essayer de vous concentrer sur un travail et d’être fréquemment interrompu par un appel téléphonique ou par l’annonce d’un SMS. Chaque fois, la pensée va devoir se réadapter et un effort est à nouveau nécessaire pour revenir à ce qui vous occupe. Le mieux est sans doute d’éteindre le téléphone, mais avec le mode de vie moderne, on se sent souvent obligé d’être présent et actif sur tous les tableaux, tel un PDG surmené.

Ce monde aux valeurs unilatéralement tournées vers l’action extérieure, même futile, est aussi un monde malade. Aussi, on croise un nombre croissant d’individus dans un profond mal-être. Empêtrés dans une confusion sans fond, habitués qu’ils sont à zapper d’une chose à l’autre, certains en font de même avec les thérapies et plutôt que de s’en tenir à un choix, ils n’écoutent que leur impatience et courent d’une solution miracle à une autre, en quête d’une tranquillité d’esprit qui toujours semble s’éloigner.

Les exemples de ce type fourmillent dans la vie de tous les jours et on pourrait en citer des centaines…

 En cours de Hatha Yoga : regard et pensée

Etre enseignant implique une observation fine et bienveillante de ceux qui nous accordent leur confiance. Dans un cours de yoga, si certains élèves se sentent d’emblée dans leur élément et se plongent dans l’intériorisation avec aisance, parfois avec délectation, il n’en va pas de même pour d’autres. En méditation, leurs yeux s’ouvrent comme pour vérifier que le monde connu est toujours là ; lorsqu’il est demandé de fixer un point, le regard papillonne de ci de là, incapable d’observer l’immobilité prescrite. Or cette mobilité du regard trahit précisément l’incapacité à se libérer du flux de pensées indésirables qui nous assaillent dans la vie quotidienne.

Différentes sortes de pensée

Il faut bien faire la différence entre d’une part la pensée discursive, donc analytique et nécessairement teintée par les divers conditionnements qui nous façonnent et d’autre part, la pensée intuitive, qui relève d’un niveau de conscience autre.

Dans la pensée discursive, souvent subie, les idées s’enchevêtrent de façon plus ou moins harmonieuse, avec en arrière-plan un désir de logique et de cohésion… Mais les idées elles-mêmes suivent des chemins souvent contradictoires et difficiles à concilier. On essaye alors de tout faire entrer dans le cadre, faisant fi des inévitables incohérences.

Avec l’intelligence intuitive, elles apparaissent comme des flashes, comparables à des révélations, petites ou grandes, mais toujours opportunes. La logique n’a pas nécessairement sa place ici et on parle souvent d’irrationnel. Mais cet irrationnel ne relève-t-il pas d’une logique supérieure, qui échappe à notre connaissance humaine, du moins dans l’état actuel des choses ?

Si la première est fort utile pour vivre dans le monde, pour peu qu’elle soit canalisée, elle n’est en rien supérieure à la seconde. C’est cependant celle-ci qui est valorisée dans notre société, à un degré tel qu’il ne reste plus de place à la seconde, sinon celle que l’on veut bien lui faire. Et dans la société moderne, où notre regard est sans cesse sollicité, notre attention dispersée, il faut souvent réapprendre à faire de la place dans son esprit, à y établir le silence, pour revenir à soi et au regard intérieur.

En séance de Yoga Nidra : fuite dans le sommeil ou cogitation

Les séances de Yoga Nidra suscitent des observations similaires. La recherche du Yoga Nidra est l’état « entre-deux », entre veille et sommeil, celui que nous connaissons de façon fugace aux moments du réveil et de l’endormissement. Pour un certain nombre de pratiquants, plusieurs semaines, parfois des mois sont nécessaires pour parvenir à cet état. Il s’agit ici de cultiver un forme de concentration bien spécifique. Les ornières les plus courantes sont de deux sortes : soit ils plongent dans un sommeil opaque, épuisés par une journée énergivore, soit ils ne « lâchent pas » et continuent à cogiter. Cette deuxième forme de fuite est moins courante après un cours de Hatha, car les étirements et autres techniques ont généralement eu raison des tensions.

 

Silence et immobilité dans le Hatha Yoga

Autrement dit, dépenser son énergie majoritairement vers l’extérieur est non seulement déséquilibrant, mais épuisant. L’attitude méditative propre au yoga permet au contraire de reconstituer une réserve d’énergie, notamment en le débarrassant de cette multitude de pensées incontrôlées, en créant de l’espace dans le mental, en retournant l’observation vers soi-même.

Déjà au XVIIème siècle, Blaise Pascal dénonçait la tendance à la distraction (voir citation en début d’article).  Il proposait aussi la solution : calme, solitude… En d’autres mots, être en tête-à-tête avec soi-même et y trouver le calme de l’esprit.

Le Hatha Yoga est en lui-même une recherche d’immobilité mentale.

Cette démarche n’est pas seulement présente dans la méditation. Dans le Natha Yoga, ou Hatha Yoga des origines, elle est fondamentale. Aussi la retrouve-t-on à tous les niveaux, car l’être ne peut être compartimenté et ces différents niveaux sont interactifs :

  • Asanas (postures). Contrairement aux yogas modernes, qui privilégient le mouvement et l’aspect gymnique de la pratique, dans les postures selon le Hatha Yoga des origines, tout tend à l’immobilité. Le corps tout entier reste statique, les membres, le dos, la tête, bien sûr, mais aussi les yeux, ouverts et fixes dans certaines postures, fermés et convergents dans d’autres.
  • La respiration s’immobilise dans les rétentions à poumons pleins ou vides. Quant au flux d’air qui circule lors de l’inspiration ou de l’expiration, s’il est assez important au début de la pratique, ce pour libérer les tensions et purifier le corps, la recherche ultime de la pratique est celle du « non souffle » c’est-à-dire l’arrêt du souffle physiologique, la respiration devenant presque exclusivement énergétique.
  • Le mental se concentre sur la tenue de la posture, des mudras (gestes, notamment bandhas et drishtis) et aussi sur la visualisation du souffle énergétique, élément essentiel du Natha Yoga. L’idée est de synchroniser ces différents points d’attention, de les concentrer en une seule réalité. Le silence se fait dans l’esprit et on atteint ainsi l’état de pure présence et d’unité. Yoga, rappelons-le, signifie union : union de toutes les parties de soi et union de soi avec l’univers.

Lorsque on atteint cet état, l’esprit trouve alors le silence qu’évoque Lao Tseu. Il est si puissant qu’il ne peut se laisser distraire par des futilités. Il sait ce qui est essentiel pour lui. Plus de perte d’énergie ou de temps. Cette sagesse ne s’acquiert pas en un jour, certes, mais chaque moment de pratique nous en rapproche. Quel que soit le niveau mental dans lequel on se situe, l’amélioration est sensible.

Le yoga, voie royale

La voie du yoga authentique est donc la voie royale pour trouver cette sérénité qui nous permet d’accéder à nos désirs profonds, de les réaliser et de nous accomplir dans la voie qui est la nôtre, sans faux-semblants ni auto-complaisance.

Régularité et persévérance apportent des trésors !

Sylvie Clément

 

Et en anglais sur BookYogaRetreats :

https://www.bookyogaretreats.com/fr/news/silence-and-stillness

 

Congé de yoga la semaine du 21 au 25 août 17

Je serai en formation de yoga pré- et postnatal durant toute la semaine du 21 au 25 août.

Les cours de yoga seront donc suspendus pendant cette période.

Par contre, les matinées du bien-être auront bien lieu et les massages seront toujours possibles (hors sonothérapie), sur inscription, comme d’habitude.

 

Tadasana, la posture de la Montagne

 

(tada = montagne, asana = posture)

Aussi évidente et belle qu’une montagne qui s’érige vers le ciel, voici Tadasana, la posture de la Montagne ! (Il existe aussi une version assise, assez différente).

Autant commencer par les fondations. La posture debout, qui nous est naturelle, est souvent malmenée : dos vouté comme si on portait tout le poids du monde sur les épaules, ventre mou et apathique, tête tombante ou contractée vers l’arrière… Toutes ces mauvaises postures sont notre propre reflet, ou plutôt celui des traces (physiques, émotionnelles, énergétiques) laissées sur nous par la vie.

Si l’expression « ventre mou » évoque le manque de vigueur et de courage, « se tenir droit (dans ses bottes) » évoque au contraire la fermeté et la détermination, une certaine dignité humaine aussi.

 

Bienfaits de Tadasana

Urdhvaretas, la verticalité

Urdhvaretas est l’une des qualités primordiales recherchées et cultivées en yoga. Urdhvaretas, la verticalité, est la force qui pousse vers le haut, telle la tige d’une plante perçant le sol pour se dresser vers la lumière du ciel. C’est la force de vie, l’énergie vitale. Les morts ne se dressent plus.

Bienfaits sur le mental et l’énergie

Tadasana est sans doute la posture la plus simple et la plus fondamentale. La pratiquer, en conscience comme toujours dans le yoga, est un gage d’équilibre, de vitalité, de stabilité. Tadasana recentre et confère le sentiment de puissance tranquille qu’évoque l’image de la montagne.

Bienfaits physiques

En outre, elle corrige les dos voutés et la posture corporelle en général. Elle redresse le dos, tonifie toute la musculature et donne de l’énergie. Comme toutes les postures où Urdhvaretas est impliquée, Tadasana combat la dégénérescence due au vieillissement naturel.

 

Technique

Tenez-vous debout, les pieds bien joints et décontractés. Si besoin est, décontractez-les en écartant, puis contractant les orteils plusieurs fois, ensuite en faisant rouler le pied depuis le bout des orteils jusqu’au talon.

Pressez les pieds dans le sol, tendez les jambes et maintenez-les fermement tendues. Les muscles des jambes sont toniques, particulièrement les cuisses (quadriceps). Bien sentir l’ancrage.

Serrez les fesses. Ce faisant, le bassin va opérer une légère rétroversion.

Installez Mulabandha : contraction de la base (périnée, mais on peut aussi contracter l’anus). Sentez que l’ancrage se renforce.

Étirez le reste du dos depuis le sommet du crâne, en veillant à bien aligner la nuque sur le prolongement du dos.

Laissez les bras s’écarter un peu du corps et prenez pour chaque main Jnana Mudra, le geste de la sagesse, où pouce et index forment une boucle. Les trois autres doigts sont unis et tendus.

Vous pouvez en un premier temps fixer un point à l’horizontale en face de vous et trouver l’équilibre parfait, en étant attentif à la qualité d’Urdhvaretas en vous.  Si vous êtes habitué, vous pouvez éventuellement passer tout de suite à l’étape suivante.

Fermez les yeux et sentez de l’intérieur. Sentez l’ancrage en bas et l’attraction vers le haut, comme si un faisceau d’énergie vous tirait par le sommet du crâne. Entre ces deux forces contraires, le lien, l’axe rendu rectiligne par le jeu même de ces deux forces, un peu comme une ficelle que l’on tire de chaque côté et qui se tend. Essayez de sentir cet axe dans votre corps, sentez que lorsque vous y êtes parfaitement aligné, vous trouvez l’immobilité, et avec elle un profond sentiment de stabilité intérieure, de calme et de satisfaction. Miracle d’Urdhvaretas. Peu à peu, ces moments s’allongeront, pour votre plus grand plaisir.

En même temps, ayez conscience de votre souffle et suivez-le le long de l’axe : visualisez-le (et essayez de le sentir tactilement) monter à chaque inspiration et descendre à chaque expiration. Le trajet va de la base au sommet du crâne à l’inspiration, en passant par la colonne vertébrale et en sens inverse à l’expiration.

Quand faire Tadasana ?

Tadasana est typiquement le genre de posture que l’on peut facilement faire n’importe où et à tout moment. Chez vous, au travail, dans la nature, chaque fois que le désir de calme, de recentrage et de régénération se fait sentir, prenez quelques minutes pour faire Tadasana. Vous ne le regretterez pas.

Toutes les postures laissent des traces dans le corps et dans le mental. Les bienfaits ressentis lors de l’exécution de la posture vont peu à peu s’installer dans la vie quotidienne. Voilà pourquoi on aime de plus en plus pratiquer.

J’ai commencé à dessein par la présentation d’une posture extrêmement simple à réaliser pour vous montrer que chaque geste compte et qu’il y a toujours plus derrière une posture corporelle, même habituelle (ou presque). J’ai aussi pensé à tous ceux qui sont curieux de découvrir le yoga. Ceci est un premier pas.

Laissez-vous guider en cliquant sur l’enregistrement ci-dessous.

 

 

Introduction au Prânâyâma, exercices de respiration

Les nombreuses techniques respiratoires du Yoga, appelées Prânâyâma, (Prânâyâma signifie extension de la force de vie) attestent de la place de choix qu’accorde le yoga à la respiration. Véritable clef de voute du Yoga, elle mérite d’être considérée en amont de toute pratique yoguique. D’où cet exposé succinct, qui pose quelques notions de base, pour vous aider à commencer.  

Le souffle est intrinsèquement lié à la vie. Pour notre santé et notre longévité, il est donc essentiel d’entretenir une respiration saine. Les yogi l’ont compris depuis longtemps. Mais si les exercices de respiration, appelés Prânâyâma, prennent soin du corps physique, notre  » véhicule » de chair et d’os, leur action va bien au delà. Leur pratique apporte la maîtrise de soi, notamment à travers celle des émotions…

… Car la respiration est intimement liée aux émotions, comme l’illustre par exemple l’expression « En avoir le souffle coupé ». En la pacifiant et en la maîtrisant, on acquiert plus d’emprise sur ses émotions. Il ne s’agit pas ici de les supprimer, mais de les appréhender autrement, afin de ne pas se laisser submerger et gouverner par elles.

Dans le Hatha Yoga et a fortiori dans le Natha Yoga, on ne se contente pas de pratiquer la respiration dans les Prânâyâma ; les postures elles-mêmes s’accompagnent de souffles. Cette façon de faire en décuple les bienfaits, notamment aux niveaux énergétique et mental… Et demande de l’entraînement.

Vous trouverez dans cet article des explications élémentaires, suivies de conseils pour bien commencer sur la voie royale du Prânâyâma, ou pour revoir certains points, attitude qu’il est bon de ne jamais négliger.

 

Les bases du Prânâyâma

Les différents rythmes de respiration (en bref)

Il existe plusieurs types de respiration. Pour faire court, on peut distinguer :

  • les respirations rapides (comme Bhastrika ou Kapalabathi, que nous aborderons plus tard) et les respirations lentes
  • les respirations avec les deux narines et les respirations alternées
  • Les respirations continues et les respirations fractionnées

Des combinaisons existent entre tous ces types.

Un élément important à prendre en compte est le rythme de la respiration (je ne parle pas du tempo !).

Considérons d’abord les 2 phases naturelles de la respiration : inspiration et expiration.

A ces 2 phases naturelles, le yoga ajoute, dans la plupart des pratiques, des temps de rétention, pendant lesquels il n’y a plus de circulation d’air entre l’extérieur et l’intérieur du corps. Ces rétentions peuvent être « à poumons pleins » ou « à poumons vides », ce qui donne 4 phases possibles :

  • inspiration
  • Rétention (d’air) à poumons pleins
  • Expiration
  • Rétention à poumons vides.

Voici ce qu’en dit Christian Thikhomiroff :

« Le yoga traditionnel n’envisage pas de faire des postures ou des souffles sans utiliser largement les rétentions. D’abord parce qu’elles ont, au plan de la santé, des effets préventifs et thérapeutiques, ensuite parce qu’elles sont le moyen le plus direct et efficace pour stimuler l’énergie, enfin parce qu’elles ouvrent un espace de rencontre personnelle intime et solitaire où il est possible de lâcher les peurs qui empoisonnent la vie et barrent l’accès à la conscience et à l’amour. »

Rétentions à plein et à vide ont des effets différents.

Les rétentions à plein ont le pouvoir de dissoudre les tensions et les nœuds, tant physiques qu’énergétiques. En outre, elles facilitent les postures car l’énergie emprisonnée dans le corps circule et soulage les muscles qui s’étirent ainsi que les contractions musculaires. Ce faisant, elle les optimalise et les rend plus puissantes. Enfin, ce type de rétention débloque le souffle.

Les rétentions à vide amènent à une grande intériorisation. Elles sont plus difficiles à réaliser car elles nous mettent face à nous-mêmes et au sentiment de mort, qui n’est somme toute qu’une des facettes de l’existence.

Ces 4 phases de la respiration se combinent en diverses techniques de Prânâyâma aux objectifs et aux effets différents.

Les deux combinaisons les plus courantes de respiration lente :
Samavritti : la respiration égalisée

Stade final : avec les 4 phases de durée égale : Inspiration, rétention à poumons pleins, expiration, rétention à poumons vides. On appelle couramment cette respiration « respiration carrée ».

Visamavritti : respiration inégale

Elle est aussi appelée respiration complète ou yoguique.

On notera que dans ce type de respiration, l’expiration est toujours deux fois plus longue que l’inspiration, et la rétention, lorsqu’on l’introduit, 4 fois plus longue que celle-ci (donc deux fois plus longue que l’expiration)

  • Avec rétentions à plein. Le rythme 1, 4, 2 

1 temps d’inspiration, 4 temps de rétention à plein et 2 temps d’expiration.

C’est évidemment la mesure proportionnelle, à multiplier… Par exemple : 3, 12, 6 ou 5, 20, 10… Jusqu’au « Petit Prânâyâma » : 8, 32, 16.

Attention : s’il est bon d’aller toujours un peu au delà du confortable, il ne s’agit pas de viser l’exploit : l’expiration qui suit doit être bien régulière. De plus, trop de difficulté peut décourager la pratique, ce qui n’est pas le but !

  • Avec rétentions à vide. Le rythme 1, 2, 4

1 temps d’inspiration, 2 temps d’expiration, 4 temps de rétention…  Ici encore, il s’agit d’une proportion.

Plus difficiles, elles gagnent à être apprivoisées. Là aussi, aménager le rythme et le faire évoluer peu à peu pour que la respiration reste le plus fluide possible tout en progressant.

Le tempo de la respiration

 Un des objectifs du Yoga est de débarrasser l’homme de tous ses carcans. Cela commence dans la gestion de la notion même du temps. Nous vivons dans un monde géré par l’horloge, elle-même réglée sur l’heure, la minute, la seconde…

Le Yoga n’utilise pas la seconde comme unité de temps, mais le matra. Le matra est une mesure assez imprécise, puisque la définition en est : « le temps qu’il faut pour faire avec son index le tour de son genou et claquer des doigts », geste dont la durée peut varier d’un individu à l’autre. C’est en tout cas plus long qu’une seconde.

Voici pour exemple un tempo marqué toutes les 1 seconde et demie soit 40 battements par minute.

 

Les Bandhas

 Pas de respiration sans bandhas : verrous ou ligatures, les bandhas sont des gestes destinés à éviter les déperditions d’énergie. Il s’agit principalement de Mulabandha (verrou de la racine : serrer le périnée), de Jalandhara (verrou de la gorge : baisser le menton) et d’Uddiyana Bandha, le verrou du ventre : à poumons vides, le rétracter par le bas et le plaquer au plus près du dos tout en le faisant remonter sous les côtes).

La visualisation

 En Natha Yoga, les respirations s’accompagnent toujours de visualisations du souffle dans la structure énergétique. Avec un peu d’entraînement, on peut aussi sentir ce flux d’énergie de façon tactile.

  • Visualisation dans l’axe

L’axe, c’est la Sushumna, le canal énergétique logé au centre de la colonne vertébrale. On visualise et on essaye de sentir le souffle partir de la base et monter avec l’inspiration jusqu’au dessus de la tête, parfois jusqu’au chakra frontal seulement (3ème œil) et redescendre par ce même chemin à l’expiration.

  • Visualisation dans les Nadis

Il s’agit d’Ida, canal énergétique de gauche (lunaire) et de Pingala, canal énergétique de droite (solaire).

On visualise le souffle monter le long des Nadis à l’inspiration, depuis la base jusqu’au chakra frontal, entre les deux sourcils, et redescendre par ce même trajet (ou parfois dans la Sushumna) à l’expiration. Nous aborderons ultérieurement le trajet en serpentin des Nadis. On peut, au début, le simplifier en imaginant un arc de cercle allant de la base au troisième œil.

  • Visualisation dans les chakras

On place sa conscience dans un chakra donné ; on le visualise et on le sent évoluer ainsi :

Se dilater à l’inspiration

Continuer de se dilater, tourner, vibrer et irradier dans tout le corps et même au delà pendant la rétention à plein

Se rétracter pendant l’expiration

Et continuer de se concentrer pendant la rétention à vide.

 

Conseils pour débuter

1er stade : prendre conscience de la respiration abdominale

Ce qu’il convient d’installer en premier lieu, c’est la respiration abdominale (dite aussi ventrale). C’est la base sur laquelle on pourra développer la respiration complète (dite yoguique). Pratiquée seule, elle a un pouvoir apaisant.

Les bébés la pratiquent naturellement. C’est une respiration que beaucoup ont perdue, en raison du stress imposé par la vie moderne. Pour la retrouver, il convient de débloquer le diaphragme. Bâiller aide à y parvenir.

Conseils préalables
  • Vous avez du mal à bâiller ? Un petit truc : Entrouvrez la bouche, placez la langue un peu en arrière et à mi-chemin entre le haut et la bas de la bouche, puis tirer sur les lobes d’oreille de façon constante. Vous bâillerez abondamment.
  • Autre conseil : commencez allongé. Cela facilite beaucoup cette respiration. Et placer une main sur le ventre pour vérifier qu’il monte et descend…
  • Attention : lorsque vous commencerez à respirer assis, il est capital que le dos soit bien droit ! Si vous ne parvenez pas à le maintenir droit alors que vous êtes assis en tailleur, vous pouvez ajouter un petit coussin sous les fesses, voire vous asseoir à califourchon sur un gros coussin. L’important est la rectitude du dos.
  •   Pensez à bien respirer par le nez !

Lorsque vous parvenez à faire la respiration abdominale, vous pourrez laisser l’air monter plus haut, au niveau du diaphragme, puis dans le thorax. Gardez à l’esprit l’image d’une bouteille qu’on remplit : le liquide va d’abord au fond de la bouteille, puis le niveau monte. Il en est ainsi lorsque l’on inspire. A l’expiration, c’est l’inverse, on vide d’abord la poitrine, puis le ventre.

2ème stade : installer un rythme Visamavritti

  • D’abord, égaliser la durée de l’inspiration et celle de l’expiration.
  • Rythme 1, 4, 2 : avec rétentions à plein. Lorsque ce rythme égalisé est bien installé, introduire une rétention à poumons pleins. Pour ce faire, il faut bien serrer la racine et rajouter le verrou de la gorge en baissant le menton. L’air ne doit plus du tout sortir. C’est cela qui permet à l’énergie de dénouer les nœuds physiques, émotionnels et mentaux.

o En un premier temps, prendre le rythme 1, 2, 2 : c’est la proportion. Par exemple, on inspire sur 3 temps, on retient le souffle sur 6 temps et on expire sur 6 temps.

 o Lorsque ce rythme est bien installé, et cela peut prendre plusieurs jours, voire plus, on peut passer au rythme 1, 4, 2 (Dans notre exemple, on inspire exemple sur 3 temps, on retient le souffle sur 12 temps et on expire sur 6 temps.)

o Et puis, peu à peu, on augmente les durées. Ex : 4, 16, 8, puis 5, 20, 10, etc…

  • Rythme 1, 2, 4 : avec rétentions à vide : A partir du rythme inspiration et expiration égalisées, introduire des rétentions à vide égales à l’expiration, donc sur le format 1, 2, 2, puis les augmenter jusqu’au rythme 1/2/4.

 

3ème stade : installer un rythme Samavritti (respiration carrée)

  • Égaliser inspiration et expiration

Simplement avec les phases inspiration et expiration de durée égale. C’est le niveau élémentaire, que l’on peut utiliser au début d’une technique, pour se mettre en condition, ou lorsqu’on commence le yoga.

  • Respiration rectangulaire

Avec d’une part inspiration et expiration égales, et d’autre part, plus courtes, mais égales entre elles : rétentions à plein et à vide, par exemple : inspiration : 4 temps, rétention à plein : 2 temps, expiration : 4 temps, rétention à vide : 2 temps.

  • Stade final

La respiration carrée, avec les 4 phases égales.

 

A bientôt pour une nouvelle technique !